Biocarburants, une alternative réaliste?
- Classé dans: Ecologie
- Le: 05 sept 2007 à 18:13
Notre société dépends totalement des carburants fossiles, et la tendance va en s’accélérant. Pourtant, dans bien des domaines, dont les transports (30% de la consommation d’énergie dans l’Union Européenne), les biocarburants, dont le bioéthanol pourraient contribuer, avec d’autres actions, à réduire la consommation de ressources fossiles.
Le bioéthanol provient de la fermentation de sucres issus de céréales ou de plantes sucrières. En Europe, il peut être utilisé en mélange à de l’essence jusqu’à 5%, conformément à la norme EN 228. A ces basses teneurs, des précautions, très pénalisantes en termes logistiques, s’imposent pour limiter très strictement la présence en eau et donc éviter le phénomène de démixtion (séparation des phases éthanol et essence). Afin de respecter les spécifications, dont la volatilité, il est nécessaire d’utiliser une base essence adaptée.
Le Brésil est déjà à l’heure des biocarburants
Champion mondial des biocarburants, le Brésil ne se repose pas sur ses lauriers. Le gouvernement a d’ambitieux objectifs dans ce secteur : poursuivre la « révolution énergétique » du pays et miser sur la production du biodiesel.
Au Brésil, la production s’élève à 200 millions de litres, commercialisés par 600 stations services. D’ici 2008, le gouvernement ambitionne de la multiplier par quatre. Pour le président Lula, qui brigue un second mandat, « le Brésil connaît une révolution énergétique. [Il a] fait celle de l’éthanol, [il fera] celle du biodiesel ». Persuadé que ce carburant est « le pétrole de demain », le leader du Parti des travailleurs (PT) entend partager les recherches brésiliennes avec d’autres pays tropicaux, tels que l’Inde ou l’Angola.
La presque totalité du parc automobile tolère un mélange à 85% de bioéthanol de canne à sucre. Dès lors, pourquoi le taux d’incorporation n’est-il pas plus élévé en Europe. C’est la réponse que nous allons tenter de vous donner.
Et pourquoi pas en Europe, alors?
L’Europe demeure loin derrière en matière de production et de consommation de bioéthanol.
Les principales raisons ?
Un encouragement communautaire discret et, surtout, le prix. Au Brésil un baril de bioéthanol coûte deux fois moins cher qu’un baril de pétrole, le tarif en Europe s’avère trop élevé pour la plupart des foyers. L’Union européenne s’engage donc prudemment dans le virage écologique, visant les 8 % de biocarburants dans les transports d’ici 2015.
Toutefois, le Vieux Continent est le plus gros producteur de biodiesel (80 % de la production totale de biocarburants), suivi des États-Unis.
Actuellement réalisée à partir de graines de colza, mais aussi de tournesol ou du soja, la conception européenne de biodiesel a augmenté de 65,8 % en 2005.
Le revers de la médaille?
La future production massive d’éthanol et de biocarburants pour les véhicules pourrait provoquer une pénurie d’eau mondiale, ont annoncés des experts à l’occasion du septième jour de la conférence internationale World Water Week à Stockholm.

L’institut de recherche suédois Stockholm International Water Institute (SIWI) estime que la production de biocarburants conduira à un doublement de l’utilisation actuelle d’eau par l’agriculture. Selon les experts, ce type de production nécessite par ailleurs de grandes superficies de terres agricoles.
Les 2.500 participants à la conférence, originaires de 140 pays, tentent notamment de déterminer ce qu’il est possible de faire pour éviter la mort des 2,6 milliards de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable.
Tags: biocarburants, biodiesel, bioéthanol, Brésil, essence, éthanol











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